La BCE remonte les taux : votre patrimoine doit-il changer de vitesse ?

La BCE remonte les taux : votre patrimoine doit-il changer de vitesse ?

La BCE remonte les taux : votre patrimoine doit-il changer de vitesse ? 1600 1067 Arias Patrimoine

La baisse des taux ? C’était avant. Enfin… peut-être.

Depuis plusieurs mois, beaucoup d’investisseurs avaient fini par intégrer une idée assez confortable : les taux allaient tranquillement redescendre.

Les crédits redeviendraient moins chers.

Les obligations déjà détenues retrouveraient des couleurs.

L’immobilier respirerait.

Et tout le monde pourrait reprendre sa petite vie patrimoniale comme si la parenthèse inflationniste était définitivement refermée.

Raté.

Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a décidé de remonter ses trois taux directeurs de 0,25 point. À compter du 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt passera notamment à 2,50 %. La BCE justifie sa décision par des tensions inflationnistes persistantes, notamment liées à l’énergie, et prévoit une inflation moyenne de 3 % dans la zone euro en 2026. BCE

En France aussi, le sujet est revenu dans le paysage : selon l’estimation provisoire de l’INSEE, les prix à la consommation augmentaient de 2,4 % sur un an en août, avec une hausse particulièrement forte des prix de l’énergie. Insee — estimation provisoire

Alors, faut-il tout vendre ? Tout arbitrer ? Acheter de l’or, des obligations, trois appartements et une cabane autonome en Haute-Savoie ?

Non.

Mais il est probablement temps de regarder ce que fait réellement votre patrimoine.

Pendant longtemps, le cash ne rapportait rien

Lorsque les taux étaient voisins de zéro, conserver beaucoup de liquidités avait un coût évident : l’argent dormait.

Aujourd’hui, le paysage est différent.

Les placements monétaires et obligataires ont retrouvé des rendements qui peuvent de nouveau avoir un intérêt dans une allocation patrimoniale. Les dépôts à terme rémunèrent davantage qu’il y a quelques années. Certains fonds euros ont également retrouvé de l’intérêt.

Autrement dit : la partie prudente du patrimoine recommence à travailler.

Mais attention à une erreur classique.

Parce qu’un placement sans grande volatilité rémunère davantage, cela ne signifie pas qu’il faille transformer l’intégralité de son patrimoine en immense livret bancaire.

Un patrimoine n’a pas un seul horizon.

Vous avez de l’argent dont vous aurez besoin dans six mois.

De l’argent qui financera peut-être un projet dans trois ans.

Et une partie du patrimoine dont l’horizon est de dix, quinze ou vingt ans.

Pourquoi vouloir leur faire faire exactement la même chose ?

Les obligations reviennent à la table

Pendant des années, lorsqu’on parlait placement, les obligations faisaient à peu près autant rêver qu’une notice de chaudière.

Les taux étaient faibles, parfois négatifs.

Aujourd’hui, elles ont retrouvé un rôle.

Elles peuvent participer à la recherche de revenus, à la diversification ou à la réduction du niveau de risque d’un portefeuille.

Mais « acheter des obligations » ne constitue pas davantage une stratégie que « acheter des actions ».

Quelle durée ?

Quelle qualité de signature ?

Quelle sensibilité aux taux ?

Quel risque de crédit ?

Quelle liquidité ?

Encore une fois, le produit vient après la stratégie.

Pas avant.

Et l’immobilier ?

Évidemment, lorsque les taux augmentent, le crédit immobilier devient plus exigeant.

C’est vrai.

Mais il y a une différence entre dire :

« Les conditions de financement sont moins favorables »

et dire :

« Il ne faut plus acheter d’immobilier. »

La première phrase peut être juste.

La deuxième n’a aucun sens sans connaître le prix du bien, son rendement, son emplacement, votre apport, votre fiscalité et votre durée de détention.

Nous y reviendrons dans un prochain article.

L’erreur : jouer au gouverneur de banque centrale

Nous voyons régulièrement la même tentation.

« J’attends la prochaine baisse de la BCE. »

Puis :

« Finalement, j’attends encore six mois. »

Puis :

« Les marchés ont déjà monté, j’attends une correction. »

Et cinq ans plus tard, l’argent est toujours au même endroit.

Le problème n’est pas de réfléchir.

Le problème est de conditionner toute sa stratégie patrimoniale à une prévision macroéconomique que même les meilleurs économistes révisent régulièrement.

La BCE elle-même rappelle que ses décisions dépendent des nouvelles données économiques et ne suivent pas une trajectoire prédéterminée. BCE

Si la BCE ne connaît pas aujourd’hui avec certitude son taux de décembre 2027, pourquoi votre patrimoine devrait-il reposer sur votre capacité à le deviner ?

Ce qui compte : remettre chaque euro à sa place

La bonne question n’est donc pas :

« Les taux vont-ils monter ou baisser ? »

La bonne question est plutôt :

« Si les taux restent plus élevés que prévu pendant deux ou trois ans, mon patrimoine reste-t-il cohérent ? »

Votre trésorerie de sécurité est-elle suffisante ?

Votre argent à court terme est-il correctement rémunéré ?

Votre portefeuille est-il suffisamment diversifié ?

Votre immobilier reste-t-il finançable ?

Votre niveau de risque correspond-il vraiment à vos projets ?

Voilà des questions auxquelles nous pouvons répondre.

Les marchés changent.

Les taux changent.

Les gouvernements changent.

Votre stratégie patrimoniale ne doit pas changer tous les matins avec eux.

Elle doit simplement être suffisamment solide pour continuer à fonctionner quand le scénario prévu… n’arrive pas.

Olivier ARIAS — ARIAS Patrimoine

La conversation continue

Votre patrimoine est-il aujourd’hui organisé en fonction de vos projets… ou simplement en fonction des produits que vous avez accumulés au fil du temps ?

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