Atterrissage 2026 : au fond de la piscine, on pousse sur les jambes.

Atterrissage 2026 : au fond de la piscine, on pousse sur les jambes.

Atterrissage 2026 : au fond de la piscine, on pousse sur les jambes. 2560 1709 Arias Patrimoine

Analyse fondée sur les données disponibles au 2 octobre 2026. Les prévisions de fin d’année sont distinguées des résultats déjà observés.

La croissance patine. Les consommateurs arbitrent. Les dirigeants surveillent leurs commandes, leurs marges et leur trésorerie. Le chômage remonte.

Le constat, tout le monde commence à le connaître. Mais combien de rendez-vous avez-vous pris cette semaine pour changer votre propre trajectoire ?

C’est la question que je souhaite poser à l’approche du dernier trimestre. Parce qu’une entreprise peut finir par consacrer davantage d’énergie à expliquer ses difficultés qu’à chercher ses prochains clients.

2026 s’annonce difficile. Elle n’est pas terminée. Et votre entreprise n’est pas condamnée à reproduire exactement la moyenne nationale.

La réalité des chiffres

Regardons d’abord les chiffres en face. L’atterrissage désigne ici la trajectoire attendue jusqu’à décembre : nous ne disposons pas encore du bilan définitif de l’année.

Indicateur Dernière donnée disponible Ce qu’elle mesure
Croissance française en 2026 +0,4 % attendu Prévision annuelle de la Banque de France, septembre 2026.
PIB au deuxième trimestre 0,0 %, après −0,2 % au premier trimestre Évolution trimestrielle de la production en volume. Insee.
Climat des affaires en septembre 96, contre 98 en août Indicateur issu des réponses des entreprises ; moyenne de longue période : 100. Insee.
Confiance des ménages en septembre 86 Indicateur toujours nettement inférieur à sa moyenne de longue période de 100. Insee.
Consommation de biens en août −0,5 % sur un mois Dépenses en volume, après +0,4 % en juillet ; les services sont exclus. Insee.
Inflation en septembre +3,0 % sur un an Estimation provisoire de l’indice des prix à la consommation. Insee.
Chômage au deuxième trimestre 8,3 % Part des chômeurs au sens du BIT dans la population active, en hausse de 0,2 point sur le trimestre. Insee.

Ces données décrivent une économie qui avance difficilement, avec une pression persistante sur les budgets.

Attention aux raccourcis : un climat des affaires à 96 ne signifie pas que l’activité baisse de 4 %. Une confiance à 86 ne signifie pas que 86 % des Français ont confiance. Ce sont des indicateurs d’enquête.

Les chiffres méritent mieux que les slogans qu’on leur fait parfois porter.

Offre et demande : ajuster le tir face aux nouveaux arbitrages

La demande existe encore. Elle devient plus difficile à convaincre. La demande, ce sont les achats des ménages, les investissements, les dépenses publiques et les commandes venues de l’étranger. Pour l’entreprise, elle prend une forme très concrète : quelqu’un a un besoin, un budget et une décision à prendre.

Au deuxième trimestre, la consommation totale des ménages a progressé de 0,3 %, alors que leur pouvoir d’achat par unité de consommation reculait de 0,6 %. Leur taux d’épargne est passé de 17,9 % à 17,2 % du revenu disponible. Les ménages ont donc réduit la part de leurs revenus épargnée pour soutenir leurs dépenses. Ces moyennes recouvrent évidemment des situations très différentes. Source : Insee, comptes trimestriels.

En août, la consommation de biens a reculé, mais les achats de biens fabriqués ont encore augmenté de 0,3 %. Même dans un mois médiocre, toutes les dépenses ne vont pas dans le même sens. Source : Insee, consommation en août.

J’en tire une conséquence commerciale : il faut comprendre beaucoup plus précisément ce qui déclenche l’achat.

Votre offre permet-elle d’économiser ? De gagner du temps ? De sécuriser une activité ? D’augmenter un revenu ? Son utilité est-elle assez claire pour justifier une décision maintenant ?

Quand le client hésite, répéter plus fort son argumentaire habituel produit rarement un miracle. Il faut écouter ce qui a changé dans ses priorités.

Du côté de l’offre, la bataille se joue sur la capacité à produire utilement et avec une marge. L’offre repose sur des compétences, des équipements, de l’énergie, du financement et une organisation.

Une entreprise peut avoir des clients et manquer de trésorerie pour les servir. Elle peut avoir des machines et manquer de commandes. Elle peut même augmenter son chiffre d’affaires tout en dégradant sa rentabilité.

La Banque de France souligne que l’investissement privé reste freiné par les conditions de financement et l’incertitude budgétaire. L’Insee prévoit de son côté un recul de 0,3 % de l’investissement des entreprises en 2026. Il s’agit de prévisions, susceptibles d’être révisées. Banque de France, Insee, note de conjoncture de septembre.

Pour un dirigeant, cela impose de choisir ses dépenses avec précision. Quel investissement réduit réellement un coût ? Quel recrutement débloque des ventes ? Quelle amélioration raccourcit les délais ?

L’intelligence artificielle peut faire partie des réponses : préparer un devis, exploiter une documentation, organiser les relances, assister le service client. Chaque usage doit être évalué sur le temps gagné, la qualité obtenue et le contrôle nécessaire.

Une démonstration impressionnante devient intéressante lorsqu’elle produit un résultat mesurable dans l’entreprise.

Le climat des affaires reste dégradé, avec des différences qu’il faut exploiter dans son analyse. En septembre, l’indicateur atteint 101 dans l’industrie, 98 dans les services, 96 dans le bâtiment et 94 dans le commerce de détail, automobile comprise. Chaque indice est comparé à sa propre moyenne de longue période. Source : Insee, climat des affaires.

Cela invite à descendre sous la moyenne nationale : regarder son métier, ses clients, son territoire, ses débouchés.

Un marché difficile peut encore contenir des besoins mal servis. Un concurrent peut se retirer. Un donneur d’ordre peut chercher un fournisseur plus fiable. Un dirigeant peut préparer sa transmission.

Ces occasions demandent de l’enquête, des échanges et du travail. Elles arrivent rarement accompagnées d’un communiqué annonçant que la conjoncture est redevenue favorable.

Emploi, climat social et création de valeur

La loi d’Okun explique pourquoi une croissance trop faible finit par peser sur l’emploi. L’économiste Arthur Okun a mis en évidence une relation statistique inverse entre l’activité économique et le chômage : lorsque la croissance dépasse suffisamment son rythme tendanciel, le chômage tend à diminuer ; lorsqu’elle reste trop faible, il tend à augmenter.

Le mécanisme est concret. Si la production progresse, les entreprises peuvent avoir besoin de davantage de travail. Mais elles peuvent d’abord augmenter les heures travaillées ou leur productivité. Et si la population active augmente, il faut créer des emplois simplement pour absorber les nouveaux entrants.

Une croissance positive ne garantit donc pas une baisse du chômage. Il n’existe pas non plus de conversion universelle du type « un point de croissance égale un point de chômage en moins ». La relation varie selon les pays, les périodes et les délais d’ajustement. Référence : Ball, Leigh et Loungani, Okun’s Law: Fit at Fifty?.

Pour fin 2026, la Banque de France prévoit 8,4 % de chômage, contre 8,6 % pour l’Insee. Ces scénarios diffèrent, mais décrivent tous deux une poursuite de la dégradation par rapport au deuxième trimestre. Banque de France, Insee.

Voilà pourquoi entreprendre, investir avec discernement et développer une activité productive ont aussi une portée sociale.

Le climat social mérite de la considération. Un pouvoir d’achat sous pression et la crainte de perdre son emploi peuvent nourrir la fatigue, la défiance et les tensions. C’est ma lecture de cette situation, pas la mesure d’un nouvel indicateur.

Demander à chacun de « rester positif » ne suffit pas. Dans l’entreprise, il faut expliquer les décisions, écouter les difficultés et donner de la visibilité sur ce qui peut l’être.

On mobilise mieux une équipe quand elle comprend la direction et les efforts demandés. La confiance se construit aussi dans la façon de tenir une promesse, de traiter un fournisseur ou d’annoncer une difficulté.

Et le fameux gâteau qui rétrécit ? Je me méfie des discours qui finissent par présenter l’économie comme un gâteau figé, dont il faudrait seulement négocier les parts.

Un marché peut réellement se contracter. Certaines activités peuvent disparaître. Mais transformer ce constat en horizon définitif revient à oublier la création de valeur.

Une entreprise peut résoudre un problème nouveau, améliorer un service, exporter, former, inventer un usage ou rendre accessible ce qui était trop coûteux.

Le partage des richesses mérite un débat. Leur production mérite au moins autant d’énergie.

À force de discuter de la taille des parts, certains finissent par oublier le four.

Passer à l’action : opportunités et méthode sur 30 jours

Une opération réussie peut encore changer l’année. Un contrat important, une nouvelle offre rentable, un partenariat de distribution ou une acquisition bien préparée peuvent modifier la trajectoire d’une PME.

Prenons un exemple purement illustratif : une prestation supplémentaire de 200 000 euros, réalisée avant la clôture et dégageant 25 % de marge sur ses coûts variables, apporte 50 000 euros pour couvrir les charges fixes et contribuer au résultat, avant les éventuels coûts supplémentaires. À l’échelle d’une petite entreprise, l’effet peut être décisif.

Encore faut-il pouvoir produire, livrer et encaisser.

Pour une acquisition, il faut examiner les marges réelles, la qualité des clients, les dettes, le besoin de trésorerie et l’intégration. Acheter une entreprise ne crée pas automatiquement de valeur ; reprendre une activité saine à un prix cohérent, avec les moyens de la développer, peut en créer.

L’objectif mérite cette précision : chercher une opération capable d’améliorer durablement le résultat, en préservant la capacité financière de l’entreprise.

La qualité des occasions commence souvent par la quantité des discussions. À condition de parler aux bonnes personnes et de faire quelque chose de ce qu’on apprend.

Un échange avec un client révèle un besoin. Une rencontre avec un confrère ouvre une coopération. Une discussion avec un cédant permet d’étudier une transmission.

Plus vous multipliez les conversations qualifiées, plus vous disposez d’informations pour sélectionner les bonnes pistes.

Pour les trente prochains jours, je propose une discipline simple :

  • Reprendre contact avec dix clients, en les interrogeant sur leurs projets et leurs difficultés.
  • Rencontrer cinq partenaires ou prescripteurs capables d’ouvrir de nouveaux débouchés.
  • Étudier deux occasions de croissance, commerciale ou externe, avec des chiffres.
  • Tester une amélioration concrète de l’offre, puis mesurer la réaction des clients.
  • Suivre chaque semaine les propositions, les signatures, les marges et les encaissements.

Ces nombres sont une proposition de méthode, à adapter à votre activité. Leur intérêt est de transformer une intention en agenda.

Relisez aussi Qui a piqué mon fromage ?, de Spencer Johnson. Cette fable sur l’adaptation au changement rappelle combien il est difficile d’abandonner des habitudes devenues rassurantes, même lorsqu’elles ne répondent plus à la situation. Présentation de l’ouvrage.

Vos clients peuvent changer leurs usages. Vos marchés peuvent déplacer leurs budgets. Vos compétences peuvent trouver une nouvelle valeur ailleurs.

Cela mérite de sortir, d’écouter et d’essayer.

Au fond de la piscine, on peut longuement commenter la profondeur.

On peut aussi prendre appui et pousser sur les jambes.

Le constat, nous l’avons. Maintenant, remplissons les agendas.

Olivier ARIAS — ARIAS PATRIMOINE

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